Il n’est pas encore sorti (ouverture prévue dans les jours qui viennent), et crée déjà la polémique. Grâce à son nom un tantinet provocateur, le site FaisMesDevoirs.com a déjà réussi le pari de se faire connaître et de créer le buzz. Alors simple opération médiatique, business facile ou véritable service pédagogique ?
Concrètement, de quoi s’agit-il ? Si l’on en croit Techcrunch, le site va mettre en relation des élèves qui n’arrivent pas à faire leurs devoirs, et des élèves de grandes écoles qui moyennant finance vont les leur corriger. Ainsi, l’élève utilisateur peut s’inscrire, acheter des crédits par cartes prépayées, paypal ou SMS, soumettre son devoir et recevoir celui-ci corrigé sous 24 heures sur son compte. Les tarifs vont de 5 euros pour un exercice de maths de 3 questions à 80 euros pour l’exposé fourni avec PowerPoint.
Les réactions ne se sont pas faites attendre. “Ils ont osé” dit François Sorel, chroniqueur sur BFM TV :
“Un manque de respect envers les profs” estime sous le pseudo prof-ondefatigue, un enseignant rédacteur sur LePost.
La réponse de Stéphane Boukris, fondateur du service, est à double tranchant. Rassurante, lorsqu’il rappelle la portée pédagogique du service, en indiquant que “Les profs doivent mettre des indications de correction” et “indiquer les notions qui doivent être connues pour ce sujet“. Moins évidente lorsqu’il justifie son service sur son expérience personnelle “Au lycée, j’achetais déjà des corrigés au premier de la classe. On l’a tous fait” (euh, perso j’avais mieux à faire de mon argent de poche
) ou lorsqu’il reconnaît que l’on peut reprocher à son site de soutenir la triche.
Je n’entrerai pas dans le débat moral, car sur le fond, j’ai assez d’estime pour nos lycéens pour penser qu’il assumeront leurs échecs et leurs difficultés plutôt que de passer par un piteux “marché de la triche”, si c’était là l’objectif de ce service. Le site Web-tricheur.net, s’en est fait, sur le ton de l’humour, une spécialité, et n’en n’a pas tiré une notoriété démesurée
.
L’image de l’élève potache qui va payer pour qu’un autre fasse ses devoirs, et dont la seule ambition dans la vie est de berner ses parents et ses profs, est à mon avis très caricaturale, à la limite du film “Les sous-doués”. Il serait par contre bon, que les enseignants que cet aspect des choses scandalise, se posent la question de l’origine de cette dérive. Les devoirs sont sensés à la base aider les élèvent dans leur apprentissage, pas à devenir leur pire cauchemar, non ?
Le positionnement “aide aux devoir” est évidemment plus crédible. Le risque, cependant, est que ce nom un peu racoleur ne desserve le site, une fois passé l’effet “buzz”. Pas sûr que les parents, souvent décisionnaires lorsqu’il s’agit de sortir le portefeuille, apprécient (même si on l’a bien compris, FaisMesDevoirs.com permet de contourner le problème en multipliant les modes de paiement accessibles par les mineurs, SMS notamment).
Si on peut souhaiter à Stéphane Boukris qu’il réalise son espoir de “2 millions de chiffres d’affaires” dans 6 mois, la tâche ne sera pas simple. Ce type de service existe déjà. On peut citer Cyberprofs.com qui monnaie ses aides aux devoir et ses corrigés, livrés pareillement en 24 heures. Il y a également des services gratuits d’entraide comme Cyberpapy.com. Ceux-ci n’affichent pas encore de bilan mirobolant.
S’il fallait une référence, ce serait Maxicours, leader en soutien scolaire en ligne, créé en 2001 par Patrice Magnard, également fondateur d’Alapage à l’époque. Maxicours prévoyait pour 2008 un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros, après 2,9 millions en 2007 et 1,3 en 2006, avec une offre autrement plus fournie, et déjà plus de 7 ans d’existence !
C’est je crois la moralité de cette histoire. Malgré la facilité apparente, monter un tel projet demande du temps, un véritable investissement dans la durée : c’est un métier, pas un “coup”. C’est à ce prix que FaisMesDevoirs trouvera sa voie vers un service crédible, ou rejoindra le cimetière déjà très chargé des fausses bonnes idées du net



















c’est dommage, les devoirs sont là pour mieux “intérioriser” les connaissances acquises, pour les répéter sous une autre forme, les analyser…fin bref.
et c’mon “Tu n’y arrives pas… nous sommes là!” il manque ajouter “pour nous assurer que tu n’y arriveras jamais”, soutien scolaire c’est une chose, aide en ligne, c’est bien, mais “fais à ma place”… j’espère que les jeunes ciblés soient plus intelligents que ça…
elena> C’est clair. As-tu toi aussi payé le premier de la classe pour qu’il fasse tes devoirs ?
[...] faisMesdevoirs.com risque d’entâcher la réputation de pas mal d’initiatives de ce type dans le futur. [...]
[...] Faut-il le rappeler, ce nouveau service intervient quelques semaines après le scandale du site FaisMesDevoirs, qui lui proposait aux élèves de faire réaliser entièrement leurs devoirs contre [...]
[...] qui voudraient créer un buzz sur Internet, il y a plus fort que Note2Be, plus extrême que FaisMesDevoirs.com : voici un service collaboratif comme seuls les américains savent les imaginer : [...]